J'ai parlé dans mon article sur Obuse de comment mon voyage de 2026 a été assez chaotique, alors que j'ai passé quasiment un an à le préparer. Pour autant, entre changements de trajets et de lieux, il y avait un lieu précis que je voulais enfin visiter une fois et en espérant à tout prix ne pas être gêné pour le faire et avoir des conditions favorables. Ce lieu, c'est Jôgashima (城ヶ島). Et je l'ai visité la veille de mon départ.

Jôgashima est une petite île qui représente l'extrémité Sud de la péninsule de Miura, cette espèce de pointe qui sépare l'étendue océanique en la baie de Tokyo et la baie de Sagami. Moins imposante que ses consœurs d'Izu à l'Ouest et de Chiba à l'Est, elle n'en reste pas moins intéressante, ne serait-ce que parce qu'elle a moins de relief et reste plus petite que les deux autres, la rendant déjà plus facile à visiter. Elle contient notamment la grande ville de Yokosuka, principalement connue pour des raisons historiques et pour ses liens très forts avec le secteur naval. La péninsule est une aussi une terre de pêche, et un lieu de villégiature en particulier apprécié par les habitants des agglos de Tokyo et Yokohama, puisqu'il est simple d'y accéder (environ 1 heure depuis Tokyo) et qu'on trouve de quoi loger sur tout le pourtour.

Ma cible principale était Jôgashima depuis le début, pour des raisons que je détaillerai plus bas. Mais je voulais quand même en profiter visiter un peu de la péninsule dans ce day-trip, et je savais que la visite de l'île serait raisonnablement courte. Donc j'avais également prévu d'acheter un billet combiné à destination des touristes, japonais comme étrangers, nommé le Misaki Maguro Kippu. Ce ticket, conçu et vendu par le réseau de transport Keikyû qui est très présent dans le coin, contient trois tickets :

  • un ticket ferroviaire, qui permet un aller-retour entre deux gares du réseau Keikyu sur le trajet entre les gares de Shinagawa et Misakiguchi (en gros la ligne principale Keikyu et la ligne Keikyu Kurihama) ET donne accès gratuitement à tous les bus Keikyu (c'est-à-dire quasiment tous ceux de la zone) pour la journée ;

  • Le ticket A du ticket combiné Misaki Maguro. Ici un trajet aller-retour entre Yokohama et Misakiguchi (ou une gare intermédiaire).
  • un repas fixe offert dans une sélection de restaurants autour de la ville de Miura (qui constitue en gros tout le sud de la péninsule en dessous de Yokosuka) ;

  • Le ticket B du ticket combiné Misaki Maguro. C'est le ticket pour le repas.
  • et un "bonus" offert, qui peut-être soit une activité, soit une réduction pour une boutique, soit une réduction pour une boisson ou un dessert dans un salon de thé ou un café.

  • Le ticket C du ticket combiné Misaki Maguro. C'est le ticket pour "l'activité" et ce que ça implique.

Le repas offert est centré sur des restaurants proposant des sushis et sashimis. Pourquoi ? Car on est sur une terre de pêcheurs, comme je vous le disais ! Et le "Maguro" du nom du ticket, ça veut dire "thon", et le thon rouge de la baie a une sacrée réputation et c'est même l'activité principale du port de Misaki en plein milieu de la ville ! C'est carrément le 2e port de thon du Japon, et le marché de Misaki concurrence celui de Toyosu pour le thon congelé.

Le prix du ticket dépend évidemment de la gare de départ, mais aussi du mois dans l'année (il est plus cher en haute saison) et de si vous le prenez en papier ou en numérique. Je n'avais pas super bien compris comment utiliser le ticket numérique, donc je l'ai pris en papier, et ça m'a coûté 4100 yens pour la totale depuis Yokohama. En sachant que le trajet aller-retour seul en coûte normalement 1140 et qu'un repas de thon rouge peut vite chiffrer, c'est plutôt pas mal comme offre.

On est donc le 5 mars 2026. Mon planning, c'est alors de pousser jusqu'au terminus (la gare de Misakiguchi) puis de prendre le bus jusque Jôgashima où j'ai ciblé un restaurant, visiter l'île, puis monter en bus avec quelques arrêts sur le chemin pour au moins voir un peu du reste de la péninsule, en ciblant un café pour me poser face à la mer tel Passi en 2004. A l'aube, le temps est magnifique, ce qui me rassure vu la poisse de météo que j'ai eu pendant toute la première semaine de mon voyage. J'embarque donc au petit matin depuis la gare de Yokohama, via le réseau Keikyu que je connais assez peu, et j'arrive une petite heure plus tard à Misakiguchi.

Le fronton de la gare ferroviaire de Misakiguchi. Comme je vous disais, ils aiment beaucoup le thon.

Une gare plutôt minuscule malgré son statut de terminus. Et quand on vient de Yokohama, on sent tout de suite qu'on a affaire à une autre vibe. Beaucoup moins de monde (et en plus les rares qui sont là sont des touristes japonais à 80%, 20% de locaux, et euh moi du coup1), un air marin déjà assez prononcé, des routes beaucoup plus petites, uniquement des bus pour se déplacer - quand il y en a. Après beaucoup d'incertitudes sur l'arrêt de bus où attendre vu l'abondance de lettres et de caractères pour qualifier les arrêts et les lignes de bus, je finis par confirmer mon lieu d'attente en voyant une des publicités : c'est précisément ma destination.

Panneau publicitaire pour le restaurant "Kanea", situé à la gare routière de Misakiguchi jouxtant la gare ferroviaire. Des poissons, des alevins, des chats, et le mont Fuji.

Mon principal objectif, et l'origine même de mon trajet jusque Jôgashima et ce qui m'a donné l'idée et l'envie d'y aller, c'est restaurant. Kanea. Un restaurant de poisson et de fruit de mer, situé en bord de mer sur l'extrémité Ouest de l'île. Ce restaurant, je l'ai découvert en 2019, en me baladant sur Google Maps, et j'ai ensuite découvert sa page Facebook et surtout ses chats.

Depuis son ouverture ou presque, Kanea partage tous les matins un post sur Facebook (et dorénavant Instagram) pour informer sur l'ouverture du restaurant2, la disponibilité ou non d'alevins pêchés frais du matin (une spécialité locale aussi), et... poster des photos des chats qui vadrouillent régulièrement autour du restaurant (surtout vers l'ouverture, car ils savent quand les gens viennent) et dont l'équipe s'occupe probablement comme de chats communautaires. Ces chats, dont le temps et la santé fait hélas que leur nombre a pas mal fluctué avec le temps, allaient même pour les plus proches et proactifs jusqu'à se balader dans le resto parmi les clients, et dormir sur le balcon. Ils sont si populaires que le restaurant a commencé à faire des goodies dont un calendrier annuel, une partie des fonds ayant à des organismes chargés de la protection des chats sur l'île.

Cela faisait donc des années que j'avais envie d'aller voir ce coin, et je ne l'ai finalement pas fait lors de mon voyage de 2019 (à cause des conditions météo) ni pendant mes 2 ans à Kyoto (car je n'ai pas fait de longs trajets pour partir en vacances). Et là on était assez littéralement le dernier jour possible ! La météo était bonne, tous les signaux étaient au vert. Et je me dis "au pire je visite le reste de l'île et avec un peu de bol je verrais des chats quand même".

Bref, revenons au trajet. Le bus passe enfin le pont qui mène à Jôgashima, l'occasion de quelques beaux plans même si les barrières n'aident pas.

La vue depuis le pont de Jôgashima, vu depuis le bus. Bus qui était relativement désert ce matin-là.

Et enfin, l'arrivée. Je débarque au terminus de la ligne de bus, qui m'amène sur un parking déjà quasiment sur le bout Ouest de l'île, et déjà c'est une ambiance différente de tout ce que j'ai visité jusqu'à alors, car je n'avais pas ce côté "marin".

La vue du bord de mer près du terminus de bus de Jogashima (qui est globalement un gros parking au bord Nord-Ouest de l'île). Photo orientée Nord-Nord-Est.

Arrivé à 10h15, j'ai pas mal de temps à tuer avant l'ouverture du restaurant à 11 heures. Donc je visite cette jetée, très calme et peu fréquentée. L'occasion de voir l'autre espoir du jour, qui se tient juste devant moi :

La vue du bord de mer près du terminus de bus de Jogashima (qui est globalement un gros parking au bord Nord-Ouest de l'île). Photo orientée Sud-Ouest, avec le cap Nadagasaki au premier plan, et le majestueux mont Fuji très visible à l'arrière-plan.

Car oui, l'autre élément que je n'ai pas mentionné dans les posts de Kanea sur les réseaux sociaux, c'est que le resto donne sur une petite crique où, par beau temps, on voit le Mont Fuji directement en face ! L'alignement entre le côté Ouest de l'île et le Fuji est parfait, et quasiment aucun obstacle entre les deux malgré les 80 kilomètres qui les séparent !

Mesure de distance entre Jogashima et le Mont Fuji via l'outil de Google Maps.

Et aujourd'hui, coup de bol, la météo est sensationnelle : il fait beau, pas un nuage en vue, et malgré le ciel dégagé l'air n'est pas trop froid. C'est presque miraculeux. Il y a presque un côté grisant à voir des locaux faire leur vie (comme ici un plongeur) alors que trône le Fuji en face, une vue qui ferait s'arrêter et contempler quasiment n'importe qui.

Même vue Nord-Ouest du bord de mer, mais en se rapprochant un peu plus de l'eau avec un escalier qui descend directement à la mer. Un plongeur au premier plan.

Quelques minutes plus tard, après une rapide visite du coin, j'arrive au restaurant qui est de toute façon sur le chemin si je veux visiter l'île. J'en profite pour prendre en photo cette allée et cette vue que j'ai pourtant déjà l'impression de connaître par cœur...

La vue du bord de mer vers l'Ouest et depuis l'allée menant du restaurant Kanea au cap rocheux.
L'arrière du restaurant Kanea. Rien de très joli entre les seaux, les palettes et les tuyaux, mais cet endroit est très présent sur leurs photos car c'est ici qu'ils nourrissent les chats de passage.
La vue de la mer depuis le restaurant Kanea, avec le mont Fuji en fond, l'eau bleue, le sol escarpé et les rochers, et le ponton rouge qui amène plus loin sur l'île.

Tous ces endroits, je les ai vu quasiment tous les jours en photo, et il y a quelque chose de grisant à les voir en vrai, qui plus est dans des conditions aussi optimales ! Et sans surprise, au milieu de cet endroit relativement désert, je me suis vite retrouvé accompagné.

Ce n'est pas un des chats du resto, juste un des nombreux qui vadrouillent sur cette île rocheuse et s'amusent bien.

J'en ai profité pour rester dans cette zone, à apprécier cette vue magnifique de la baie et du Fuji, en me baladant toujours plus loin sur ces formations rocheuses assez vénères, et si un joli petit ponton permet de basculer de l'autre côté de l'île, passants et pêcheurs vont souvent jusqu'au bout des formations pour se placer là où l'eau est plus profonde.

Vue du front de mer mais plus en avant dans les rochers. Ce pont est quand même assez unique.
Vue du front de mer mais plus en avant dans les rochers. Cette fois avec une vue dégagée vers le Fuji.
Vue de l'allée menant au resto et du ponton, mais vu depuis les rochers et depuis le côté mer.
Les formations rocheuses qui constituent le bord de mer à Jôgashima, côté Ouest. J'oserais pas monter dessus, perso.
Même chose, mais une vue de l'autre côté de ce front de mer.
Même chose, mais vu dans l'autre sens, avec carrément une grosse qui apparaît le long de la colline.
On est maintenant sur le ponton, qui serpente au-dessus des rochers.
Plus au Sud, les rochers sont un peu moins escarpés, et la zone plus dégagée. Sans doute pour ça qu'ils ont construit un hôtel de ce côté-là.

Mais bon sang, cette vue.

Le mont Fuji, zoomé, avec la vue quasi-parfaitement dégagée. Presque un fond d'écran.

J'en ai profité pour juste décompresser. L'occasion d'expurger certaines pensées liées au départ, par exemple. Le fait d'être seul à cet endroit c'était assez littéralement incroyable. Comme si je n'avais rien à faire là, en étant pourtant à un des plus beaux endroits que j'ai jamais visité.

La balade continue en suivant le ponton, qui débouche sur un hotel flambant neuf puis sur un sentier qui longe le rebord de l'île. Et encore une fois, je suis très bien accompagné.

Chat (dérangé).
Chat (camouflé).
Quand on sort du front de mer de ce cap Ouest, on retombe sur quelque chose de plus aménagé, même quand ça reste semi-rural et escarpé.
Encore des formations rocheuses, du même style, mais cette fois placées dans l'eau et sans accès possible.

Les rares commerces que je vois fleurent bon les années 70, mais avec un certain panache. J'ai aussi voulu visiter le phare, une des attractions de l'île, mais hélas il était fermé pour travaux.

Un mur taggé thématique surf et plage. Je ne crois même pas que c'était pour un commerce, ici.
Un lot désaffecté avec en fond une enseigne de "bistro" très rétro.

On retourne vers le resto. Et là, demi-surprise : un chat que je reconnais ! Et qui pose comme je le connais. Elle, c'est Hana.

Chat (poseur).
Chat (repos).

Et après tant de teasing, parlons un peu du resto quand même !

Un des panneaux présentés devant le resto Kanea, celui-ci présentant les chats et les objets thématisés en vente dans le resto.
L'intérieur du restaurant Kanea, côté entrée. L'autre côté est une salle surélevée en tatami.

J'avais la chance d'y être en basse saison, mais c'est un resto très populaire, apparue dans pas mal d'émissions TV de tourisme. Et ici, le repas offert avec mon ticket, c'est ceci :

Mon repas à Kanea, avec un bol de riz recouvert de thon et assaisonné, un bol de soupe miso, et une coupe de légumes marinés. Et un verre d'eau.
  • un bol de riz recouvert de thon local cru, 3 variété de thon dit 'obèse' (du thon maigre akami, du thon mi-gras chû-toro, du thon émincé à la cébette negi-toro) et une de thon albacore, accompagné d'alevins bouillis, de shiso, de sésame, de cébette, de wasabi, et de daikon (je crois ?) ;

  • un bol de soupe miso maison ;

  • et une petite coupe de légumes marinés.

Et c'était excellent. Peut-être le meilleur poisson que j'ai jamais mangé, en vérité... Plus frais, c'est difficilement possible. Puisqu'on était en semaine, le menu fourni contenait aussi un petit pot de glace "à l'italienne" bienvenu !

Repu, c'est parti pour la visite de l'île. Ayant un peu exploré la zone, je décide de partir pour un traversée Ouest-Est par le Sud, c'est-à-dire la partie "naturelle" de l'île. Et là on est parti pour une aventure sur une "plage" de rochers, et pas des galets, plutôt des immenses formations rocheuses encore plus grosses que tout à l'heure, avec un petit village le long de la seule route qui passe dans le coin. Avec des vues toujours phénoménales, de tous les côtés...

Une belle crique sur la face Sud de Jôgashima.
Vue en longueur du coin Sud-Ouest de Jôgashima, avec le Fuji en aboutissement en fond.
Une maison intrigante, et curieusement placée "côté rochers" au Sud-Ouest de Jogashima.
Le Mont Fuji, toujours aussi sublime même du milieu des rochers. Le voir percer l'horizon comme ça, tant qu'on en gagne pas l'habitude à le voir tous les jours, c'est fascinant. J'ai eu l'impression de prendre 100 fois cette photo.
Destination : tout au fond. Des rochets, des algues, et plus de route.

Plus j'avance, moins il y a de sentiers. Je croise quelques personnes, mais j'en suis au point de me demander si je devais vraiment passer par là... Et pourtant, j'ai 0 regret.

Des rochers bien, bien escarpés. Et toujours aucun sentier en vue.
Ici, il y a techniquement une plage, mais vous ne croiserez aucun baigneur. Au mieux quelques pêcheurs.
J'ai trouvé que ce rocher avait une forme un peu marrant. On dirait le reste d'un piège antique qui s'effondre sur le seul chemin praticable.
Ce segment est très beau une fois qu'on l'a dépassé, mais à franchir à pied c'était assez infernal. C'est abrupt, escarpé, et glissant !

Sur la fin, on retrouve une plage plus classique, et on peut remonter à l'aide d'un escalier un peu vénère, qui nous fait passer au dessus d'une sorte de grotte (petite) et une cavité ouverte (bien plus grande) avec des panneaux explicatifs (principalement pour dire de ne pas passer au travers ou de marcher au-dessus).

Enfin arrivé au bout des rochers. Et on voit la "caverne" au fond !
A côté de la "galerie" Uma-no-se, il y a une autre cavité plus comprimée, qui n'a pas de nom. Bien visible ici.
A travers la grotte. Elle a beau sembler minuscule, c'est interdit de rentrer dedans. Vous êtes prévenus.
La fameuse grotte ou galerie ou cavité (on a pas vraiment de mot équivalent en français), qui s'appelle Uma-no-se, je crois ("dos de cheval").Interdiction formelle de monter dessus, c'est trop fin.
Un dernier regard vers la plage qu'on a traversée, avant de remonter vers la civilisation.
Et aussi un dernier magnifique regard vers le Fuji, tant qu'on y est et qu'on le voit aussi bien !

Le chemin est tellement escarpé qu'il y a une corde où s'accrocher pour franchir les rochers menant à l'escalier... Et même une fois dessus, on est pas serein.

Oui, l'escalier ne va pas jusqu'au sol... Donc on se risque à prendre les rochers lisses, soit on se fait un petit mètre d'escalade avec la corde.
Comment vous dire que l'escalier est un peu ancien.

Retrouver de la hauteur me permet de faire quelques dernières belles vues de ce coin !

La côte Sud et ses rocheux, mais vue d'un peu plus haut !

Une fois en haut, on retrouve un "vrai" sentier, dégagé, avec une barrière, plus proche des routes mais qui permet de belles vues scéniques également. Et c'est cette fois l'honneur de mettre un autre élément symbolique de la faune de l'île : les cormorans !

Première route goudronné depuis un bail. Mais ça reste une allée principalement piétonne, au milieu de la végétation.
Les statues des cormorans japonais de Jogashima, sur la plateforme qui porte leur nom ("umiu").

... dont une a eu le bon timing de passer pendant que je prenais ses comparses de pierre en photo, situés à une plateforme d'observation spécialement dédiée aux volatiles.

Les mêmes statues de cormorans, mais avec des vrais cormorans en fond dans le ciel ! Ils ont pas menti sur la marchandise.
Un couple de cormorans qui s'en va ensemble, seuls.

Arrivé du côté Est de l'île après une série de sentiers bien plus paisibles, on arrive sur un parking, et une entrée un peu plus touristique : c'est le Parc de Jôgashima, qui couvre une partie non-négligeable de l'île où on trouve également le second phare de l'île (Awasaki). Ici on est beaucoup plus proches d'un parc classique, mais on bénéficie des très belles vues que permet la taille de l'île.

L'entrée du Parc de Jôgashima. Et là clairement on est de retour dans l'urbain. Des routes, des parkings, des grands trottoirs.
Le jardin du Parc de Jôgashima.
La réception du Parc de Jôgashima. Avec un nouvel hommage aux cormorans du Japon !
Le coin jardin, "apaisé", du Parc de Jôgashima. La pelouse est un peu cramé. C'est "plat" à tous les sens du terme.

Le long du parc, on peut aussi trouver certaines zones qui permettent de descendre à flanc de falaise, quasiment jusqu'à la mer (pour les plus casse-cous).

Une des plateformes d'observation de la mer du Parc de Jôgashima.
Une des plateformes d'observation de la mer du Parc de Jôgashima, mais cette fois on la quitte pour descendre vers la mer.
On continue à descendre... vers rien, en gros. Ou des rochers. Pas trop trop envie de continuer.

J'ai poussé jusqu'au phare. On pouvait continuer à pied ensuite pour arriver au cap tout à l'Est, avec notamment les ruines de l'ancien phare, posées sur des formations rocheuses similaires à celles dont j'ai parlé plus tôt. Mais bizarrement, je n'ai pas voulu y aller. Je n'étais pas si pressé, mais j'ai cru que le chemin n'était pas du tout balisé, et les avis en ligne n'étaient pas si positifs. Blah. Tant pis.

Le second phare de l'île, celui d'Awasaki (comme le cap où il se situe) !

Reste donc ce parc, très plat, assez vide, qui ressemble plus à une zone de pique-nique avec zéro ombre, ce qui n'est pas le pied. Mais il y a des toilettes (modérément propres) et c'était bienvenu.

La zone du phare, au bout du parc, avec un peu de maintenance en cours et une petite zone d'observation dédiée.
Je pouvais pas quitter l'île sans revoir un chat. Tellement occupé qu'il ne remarque pas l'oiseau à sa proximité.

C'est à ce moment-là que je vais... perdre mes tickets.

Assis sur un banc en commençant à faire le chemin du retour, je ne retrouve plus mes tickets, qui étaient dans ma poche. J'ai beau refaire le chemin que j'ai fait, le parc, les toilettes, le banc public où j'étais assis... rien. J'ai donc du les perdre probablement sur la plage, bien plus tôt... Ce qui veut dire que les réductions pour le café éventuel saute, et surtout le trajet retour en train et les trajets en bus du reste de la journée avec. Et d'un coup toute la rentabilité de la journée s'envole... ! C'est donc un peu dépité que je repars en bus depuis la zone de l'entrée du parc (après avoir traversé une zone clairement pas faite pour les piétons pour arriver jusqu'à un arrêt de bus), et je quitte Jôgashima par le pont que j'ai emprunté pour y entrer.

Ce monument, qui n'est même pas sur Google Maps, représentent 3 espèces de qu'on retrouve sur l'île ! Le crabe, le poisson-lune, et (de l'autre côté de celui présenté sur cette photo) le poisson-zèbre.
Le même pont avec le même détroit qu'à l'aller, depuis le bus, mais cette fois du retour !

Et voilà ! J'aurais donc passé 3 heures sur l'île, et j'en ai quasiment fait le retour. J'ai ignoré le port (pas vraiment visitable et intéressant pour du tourisme), le quartier résidentiel du centre-ouest (ce que je regrette un peu, par contre), et quelques très petites zones naturelles, mais dans l'ensemble c'était un parcours satisfaisant.

Mais cette journée et au final cette aventure ne sont pas arrêtés là. Toutefois, à partir d'ici, c'est l'inconnu. Je savais que j'avais envie de visiter divers coins autour des 2 "centres urbains" notables de la ville de Miura : le quartier de Misaki au Sud (zone plutôt portuaire), et le quartier de Miura-kaigan, au Nord-Est (plutôt une zone de plage et routière).

Sommairement, je me suis donc arrêté... un peu hasard, dès que le bus est arrivé vers Misaki. Je descends assez vite, après seulement quelques arrêts, car j'avais envie de voir cette étrange crique qui semble se former dans la ville, comme une sorte de mini-port secondaire. Avec d'un coup, des vibes un petit peu européennes avec nos nombreux ports ! Et là, encore moins de touristes qu'à Jôgashima... J'ai clairement l'air d'être perdu, je pense.

La crique sans nom où se forme un ruisseau sans nom qui passe vite fait dans Misaki. Toute cette zone n'a aucun qualification administrative, ça n'aide pas... Même les arrêts de bus ne semblent se référer à rien d'environnant.
La même crique, en contrechamp. Vers la mer, donc. Avec un joli petit port de plaisance.

Ici, rien n'est vraiment touristique, il faut aller quelques rues plus loin et on change presque de quartier. Il y a peu de commerces, et quasiment tout est lié à la pêche, aux bateaux, ou aux fruits de mer. Le quartier fait ancien, mais pas particulièrement plus décrépi car la plupart des petites villes japonaises. Certains coins sont neufs, d'autres sont détruits, et l'allée commerçante n'avait pas fière allure mais elle ne semble active qu'en haute saison.

L'autre côté de la critique et son aspect portuaire. C'était plutôt charmant !
La zone portuaire de ce coin de Misaki.
Une maison de Misaki légèrement amochée. Et on était techniquement au centre ville. Les intempéries ?
Une petite allée comme je les aime, avec absolument rien à faire dedans.

Le village est assez vallonné, avec pas mal de pentes ou d'escaliers qui mènent sur une partie plus résidentielle et ancienne de la ville. Mais aussi l'occasion d'avoir à nouveau quelques jolis angles de vue. Et si la ville basse est plutôt liée au commerce et à la restauration, les hauteurs sont la zone des temples et des sanctuaires. Si des routes classiques forment une grille dans la zone, on y trouve aussi des sentiers piétons avec pas mal d'escaliers qui permettent d'arriver directement à la zone "spirituelle".

Vue aérienne de Misaki, avec en fond un grand pont. Je me demande si c'est celui qui va à Jogashima. J'ai un doute.
Le sanctuaire Inari à Misaki, avec un curieux préau rempli de statues religieuses.
J'ai une fascination pour les escaliers. Le plus ancien, le mieux.

Là-dessus, le plus important et le plus fréquenté m'a semblé être le sanctuaire Kainan (海南神社), un micro-complexe de plus petits sanctuaires à flanc de pente. Les gens y avaient l'air assez occupés donc je n'y suis pas rentré, avec du recul je pense que j'aurais du car il a structure assez complexe et les photos donnent envie. C'est je dirais la seule attraction notable de cette partie du quartier, le reste étant plutôt profitable pour le paysage et les vues que pour son véritable contenu touristique.

Le sanctuaire Kainan, et ses petites poupées Hina, car on était pas longtemps après Hinamatsuri.
Quand je vous dis que c'est valloné cette zone. J'ai vu quelques vélos passer, ils sont bien courageux.

Après quelques montées et descente dans cette petite ville, c'est l'heure de prendre un nouveau bus (et de recharger mon téléphone) direction Miurakaigan, et là on tombe sur l'autre pendant de la ville, plus récent, et surtout beaucoup plus vaste.

Un carrefour routier (et pas de petites routes) mais qui donne sur la mer.
La plage de Miura, vue depuis un établissement mystère.
Idem, mais orienté vers l'autre côté.

Vous aurez remarqué que les deux dernières photos sont prises d'un endroit intérieur. Mon objectif initial, c'était d'aller au Bayside Café, étant comme son nom l'indique un café sur ce bord de mer, où pour lequel j'aurais pu avoir des réductions avec mon ticket de voyage. Faute de pouvoir faire ça, je suis descendu du bus un peu avant Miura-kaigan pour me balader sur le plage, et j'ai trouvé un autre endroit avec une belle vue !

C'est tout simplement un McDonald's qui a cette immense baie vitrée, et cette vue de dingue. Plus loin sur cette avenue, il y a aussi un KFC et divers cafés qui profitent de cette vue, probablement parmi les plus belles qu'il est possible d'avoir dans un lieu de restauration ! Et c'est une petite ville japonaise méconnue des touristes.

14h30. Direction la plage, pour une petite balade en profitant de cette étendue vaste et clairement vide, si ce n'est quelques badauds et quelques... chevaux ?

La plage de Miura, mais cette fois on y est ! Avec des gens à cheval en fond, au bord de l'eau.
La plage de Miura, pleine face.

Y a-t-il plus reposant qu'une plage vaste et vide . Je pose la question. En tout cas à ce moment-là j'avais ma réponse.

Toujours la plage de Miura. Avec un peu de ville et la côte qui remonte.
Toujours la plage de Miura, avec le trottoir qui y mène.

Et c'est sur cette plage, où je vais passer pas loin d'une heure à... globalement ne rien faire jusqu'environ 15 heures, que va se terminer cette petite aventure. Petite marche jusqu'à la gare de Miura-kaigan, où se trouve une petite allée de cerisiers qui doit être magnifique au printemps, puis un train jusqu'à Yokohama... à mes frais. J'aurais eu une météo parfaite, des lieux sublimes, des villes calmes, et tout ça l'entièreté de la journée. Et le seul élément qui aura gâché cette journée, c'est moi-même...

L'allée de cerisiers devant la gare de Miurakaigan. Légèrement rosés en mars.

Et voici les cartes des lieux mentionnés dans ce billet, avec 2 cartes plus ciblées sur Miura et Jogashima et une carte plus globale de la péninsule :

C'est tout pour cette fois ! Et la conclusion que je peux vous donner, c'est que je vous recommande la visite de la péninsule de Miura, et sans doute bien plus en profondeur que ce que j'ai fait moi ! Visez juste pour la météo et évitez la haute saison, mais il y a beaucoup à faire dans toute cette zone.

En tout cas, moi qui n'y ait pas ait fait grand chose, j'étais déjà comblé. Et c'était l'étrange aboutissement de tant d'années.

Chat (colossal).